QU’EST-CE QUE L’UNESCO ?

L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde, considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Cela a fait l’objet d’une Convention internationale pour le Patrimoine Mondial, culturel et naturel, adopté par l’UNESCO en 1972 et ratifiée par 194 états-parties dans le monde.

QU’EST-CE QUE LE PATRIMOINE MONDIAL ?

L’inscription sur la liste du Patrimoine mondial est une appellation attribuée à des lieux ou des biens, situés à travers le monde, possédant une valeur universelle exceptionnelle, dans le but de transmettre ces héritages aux générations futures. Ces lieux et ces biens, aussi divers et uniques que les pyramides d’Égypte, la Grande Barrière de corail australienne, les îles Galàpagos en Équateur, le Taj Mahal en Inde, le Grand Canyon aux Etats-Unis ou l’Acropole en Grèce, sont quelques exemples des biens culturels et naturels inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondial. A ce jour, ce sont 1154 biens inscrits sur la liste du Patrimoine mondial dont 897 de biens culturels.

LA MAISON CARREE
DE NIMES :
UNE VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE

La valeur universelle exceptionnelle de ce bien culturel repose sur la démonstration que la Maison Carrée de Nîmes, édifiée du vivant de l’Empereur Auguste au premier siècle de notre ère, représente l’une des plus anciennes expressions, et des mieux conservées d’un temple romain consacré au culte impérial et qu’elle est un monument d’une qualité architecturale remarquable qui, par les circonstances historiques de sa création, par l’importance politique de sa consécration et des choix stylistiques qui ont présidé à son édification, témoigne des valeurs de paix durable, de concorde et de prospérité que promut et chercha à garantir l’Empire romain.
La Maison Carrée de Nîmes est un temple dynastique impérial consacré aux Césars Caius et Lucius, fils adoptifs d’Auguste, Princes de la Jeunesse.
Il faut ainsi voir dans la Maison Carrée de Nîmes le témoignage d’une convergence entre la volonté du pouvoir et l’attachement des notables locaux au clan d’Agrippa, le père de Caius et Lucius, à qui ce temple était dédié.

Comme le souligne Pierre GROS, professeur émérite de l’Institut universitaire de France : la construction d’un tel temple impliquait une autorisation venant de Rome, concernant autant la construction elle-même que le plan et les ornements de l’édifice. D’ailleurs, les édiles Nîmois demandèrent probablement à Rome ou au gouverneur de la province l’autorisation de bâtir cette construction. Dès lors, il est assez évident qu’Auguste eut la volonté de légitimer son pouvoir, protégé par les dieux à travers la monumentalité de ce temple et le choix des ornements qui le composent.
La Maison Carrée de Nîmes est de ce fait considérée comme un parfait exemple du modèle traditionnel du temple romain à l’époque augustéenne.
Afin de légitimer et d’affirmer peu à peu un nouveau régime politique à Rome, Auguste mena dès 29 avant J.-C. une politique de restauration des cultes civiques avant de mettre en place le culte impérial. Ce dernier constitue un instrument de cohésion dans un empire disparate, témoignage de respect envers le pouvoir et du sentiment du divin qu’il inspire.
Il apparaît d’ailleurs comme l’un des plus anciens temples dynastiques, encore existants, du monde romain : s’il est difficile en l’état actuel des recherches historiques et archéologiques de définir l’antériorité de la Maison Carrée sur les autres temples construits durant le principat d’Auguste, sa dédicace aux fils adoptifs d’Auguste et son emplacement stratégique au centre du forum Nîmois, apparaissent en revanche comme des symboles forts et précoces de l’installation du culte impérial et de la mise en place d’une dynastie régnante à Rome et dans les colonies. À Nîmes, le temple de la Maison Carrée est d’ailleurs à rapprocher avec un ensemble plus vaste, la source de la Fontaine qui constitue le premier lieu d’habitation des Volques Arécomiques, mais aussi un espace sacré dédié à l’empereur romain : l’Augusteum, aujourd’hui disparu.
La Maison Carrée présente un état exceptionnel de conservation, dû à une utilisation continue et des travaux de restauration de grande qualité. Cette caractéristique constitue la condition sine qua non de la lecture et de la compréhension de ce monument. Sa grande intégrité et son authenticité également élevée permettent aujourd’hui, en comparaison notamment de temples contemporains plus ou moins directement dédiés à l’empereur Auguste à Vienne (France), Cordoue (Espagne), Évora (Portugal) ou encore Pula (Croatie), d’y voir un exemple abouti du temple de l’Antiquité romaine mais aussi l’un des édifices les plus remarquables de la période romaine. Ce temple est aussi la preuve ou la marque tangible d’un moment aussi succinct qu’éminent dans l’histoire de la Rome antique, celui du principat d’Auguste, point de bascule entre la République et l’Empire. Il est, pour l’historien de l’architecture Pierre Gros, « un document unique en son genre » en cela qu’il atteste, plus précisément encore, de la formation du culte impérial dans les colonies de l’Empire. Selon le même spécialiste de l’architecture romaine, elle constitue même « une des pièces maîtresses du dispositif du culte impérial » dans les provinces de Rome.
La Maison Carrée constitue la traduction matérielle du basculement historique entre République et Empire sous le Principat d’Auguste. Comme l’a montré l’historien Gilles Sauron, elle fait pour cela la synthèse architecturale et stylistique de monuments augustéens de Rome comme le temple d’Apollon In Circo (aujourd’hui disparu), celui de Mars Ultor ou encore l’Autel de la Paix, l’Ara Pacis (première imitation provinciale de sa frise d’acanthes et donc aussi de sa symbolique forte orientée vers le maintien de l’ordre et de la paix, ou Pax Romana).
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La Maison Carrée de Nîmes est un temple dynastique impérial consacré aux Césars Caius et Lucius, fils adoptifs d’Auguste, Princes de la Jeunesse.
Il faut ainsi voir dans la Maison Carrée de Nîmes le témoignage d’une convergence entre la volonté du pouvoir et l’attachement des notables locaux au clan d’Agrippa, le père de Caius et Lucius, à qui ce temple était dédié.

Comme le souligne Pierre GROS, professeur émérite de l’Institut universitaire de France : la construction d’un tel temple impliquait une autorisation venant de Rome, concernant autant la construction elle-même que le plan et les ornements de l’édifice. D’ailleurs, les édiles Nîmois demandèrent probablement à Rome ou au gouverneur de la province l’autorisation de bâtir cette construction. Dès lors, il est assez évident qu’Auguste eut la volonté de légitimer son pouvoir, protégé par les dieux à travers la monumentalité de ce temple et le choix des ornements qui le composent.

La Maison Carrée de Nîmes est de ce fait considérée comme un parfait exemple du modèle traditionnel du temple romain à l’époque augustéenne.

Afin de légitimer et d’affirmer peu à peu un nouveau régime politique à Rome, Auguste mena dès 29 avant J.-C. une politique de restauration des cultes civiques avant de mettre en place le culte impérial. Ce dernier constitue un instrument de cohésion dans un empire disparate, témoignage de respect envers le pouvoir et du sentiment du divin qu’il inspire.

Il apparaît d’ailleurs comme l’un des plus anciens temples dynastiques, encore existants, du monde romain : s’il est difficile en l’état actuel des recherches historiques et archéologiques de définir l’antériorité de la Maison Carrée sur les autres temples construits durant le principat d’Auguste, sa dédicace aux fils adoptifs d’Auguste et son emplacement stratégique au centre du forum Nîmois, apparaissent en revanche comme des symboles forts et précoces de l’installation du culte impérial et de la mise en place d’une dynastie régnante à Rome et dans les colonies. À Nîmes, le temple de la Maison Carrée est d’ailleurs à rapprocher avec un ensemble plus vaste, la source de la Fontaine qui constitue le premier lieu d’habitation des Volques Arécomiques, mais aussi un espace sacré dédié à l’empereur romain : l’Augusteum, aujourd’hui disparu.

La Maison Carrée présente un état exceptionnel de conservation, dû à une utilisation continue et des travaux de restauration de grande qualité. Cette caractéristique constitue la condition sine qua non de la lecture et de la compréhension de ce monument. Sa grande intégrité et son authenticité également élevée permettent aujourd’hui, en comparaison notamment de temples contemporains plus ou moins directement dédiés à l’empereur Auguste à Vienne (France), Cordoue (Espagne), Évora (Portugal) ou encore Pula (Croatie), d’y voir un exemple abouti du temple de l’Antiquité romaine mais aussi l’un des édifices les plus remarquables de la période romaine. Ce temple est aussi la preuve ou la marque tangible d’un moment aussi succinct qu’éminent dans l’histoire de la Rome antique, celui du principat d’Auguste, point de bascule entre la République et l’Empire. Il est, pour l’historien de l’architecture Pierre Gros, « un document unique en son genre » en cela qu’il atteste, plus précisément encore, de la formation du culte impérial dans les colonies de l’Empire. Selon le même spécialiste de l’architecture romaine, elle constitue même « une des pièces maîtresses du dispositif du culte impérial » dans les provinces de Rome.

La Maison Carrée constitue la traduction matérielle du basculement historique entre République et Empire sous le Principat d’Auguste. Comme l’a montré l’historien Gilles Sauron, elle fait pour cela la synthèse architecturale et stylistique de monuments augustéens de Rome comme le temple d’Apollon In Circo (aujourd’hui disparu), celui de Mars Ultor ou encore l’Autel de la Paix, l’Ara Pacis (première imitation provinciale de sa frise d’acanthes et donc aussi de sa symbolique forte orientée vers le maintien de l’ordre et de la paix, ou Pax Romana).

JUSTIFICATION DU CRITÈRE RETENU

Le Bien est proposé à l’inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial au titre du critère (IV)

Offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine.

En effet, la Maison Carrée de Nîmes représente l’une des plus anciennes expressions, et des mieux conservées, d’un temple romain consacré au culte impérial. La Maison Carrée est un monument d’une qualité architecturale remarquable qui, par les circonstances historiques de sa création, par l’importance politique de sa consécration et des choix stylistiques qui ont présidé à son élaboration, témoigne des valeurs de paix durable, de concorde et de prospérité que promut et chercha à garantir l’Empire romain au premier siècle de notre ère.
Le temple dit la Maison Carrée de Nîmes est l’édifice culturel sans doute le mieux conservé du monde romain. Restauré dès le XVIIème, puis aux XVIIIème, XIXème et XXIème siècles, il a conservé, par-delà ces interventions qui ont complété ou réparé ce qui devait l’être, une proportion exceptionnelle de sa substance d’origine. La Maison Carrée a ainsi préservé à travers les siècles son expression architecturale, tous les éléments architecturaux clés (podium, pronaos, cella, frontons, colonnes) sont inclus dans les limites du bien et restent dans un très bon état. Les attributs qui expriment sa valeur universelle exceptionnelle, particulièrement ses décors, présentent ainsi une remarquable intégrité.
La Maison Carrée possède une grande authenticité et illustre de manière particulièrement significative l’architecture cultuelle de la Rome antique. De nombreux épisodes au cours des siècles qui suivirent ont marqué l’édifice sans pour autant le dénaturer. Dans l’ensemble, la Maison Carrée a été épargnée par les principaux épisodes de vandalisme, guerres de religion et Révolution française, qui ne l‘ont pas endommagée.
Le Bien bénéficie des dispositions réglementaires des codes du patrimoine, de l’environnement et de l’urbanisme. La Maison Carrée est ainsi protégée au titre des Monuments historiques depuis 1840 (classement). Ses abords sont couverts par un Site Patrimonial Remarquable (SPR – ancien Secteur sauvegardé) de 41 hectares, imposant un suivi strict de l’État et de la Ville, créé en 1985 sur les quartiers les plus anciens. Un plan de restauration des monuments antiques, sous le contrôle scientifique et technique de l’État, a permis la restauration complète de la Maison Carrée de 2006 à 2011. Une convention renouvelée en 2020 assure un suivi archéologique permanent avec l’Institut National de la Recherche Archéologique (INRAP). La présence d’un service d’animation du patrimoine et de l’architecture, dans le cadre du label « Ville d’art et d’histoire » obtenu dès 1986, et la récente création du Musée de la romanité valorisant les très riches collections archéologiques locales, permettent une réelle médiation auprès des Nîmois et des visiteurs.

Etapes franchies pour le dossier :

• Étape 1 : Présentation de la Valeur Universelle Exceptionnelle

• Étape 2 : Présentation des Périmètres

• Étape 3 : Présentation du Plan de Gestion

• Etape 4 : Présentation du dossier complet

• Etape 5 : Choix du dossier par l’Etat français

• Etape 6 : Dépôt du dossier de candidature à l’Unesco

Présentation de la candidature à la 46e session du Comité du patrimoine mondial en 2023.

LE PÉRIMÈTRE DU BIEN ET SA ZONE TAMPON